Sommes-nous condamnés à vivre notre vie à contre-temps ?

La vie est sacrément joueuse il faut bien l’admettre. Pour la plupart d’entre nous si on n’y fait pas attention, on passera la première moitié de sa vie à rêver et la seconde à se souvenir.

Et si finalement le véritable bonheur était simplement de ne jamais cesser de rêver tout en se payant le luxe de profiter du présent, quelles que soient la réalité environnante et les difficultés qui nous enserrent ? Le piège étant de vivre sa vie à contre-temps, à toujours imaginer que la vie était meilleure avant ou qu’elle le sera demain.

 

Vie rêvée et fantasmes de demain

Ne pas vivre à contre-temps demande de comprendre la différence qu’il y a entre les rêves qui nous aident à construire notre avenir et les fantasmes qu’on se fait de notre vie rêvée. Et pour ça, je suis assez certain que vous vous retrouverez comme moi dans au moins l’une des situations de vie ci-dessous.

Le nourrisson, lassé d’être trimbalé de mains à mains sans avoir son mot à dire, à devoir installer un dialogue de sourds à cris et à larmes pour se faire comprendre, nul doute qu’à un moment il se dise : « Vivement que je sois un grand enfant, je pourrai alors demander ce que je veux et m’amuser tout le temps, j’aurai ma vie rêvée ».

Un jour le nourrisson devient enfant et réalise que s’il peut désormais s’exprimer et demander ce qu’il veut, d’un autre côté les adultes peuvent désormais lui dire NON sans plus risquer la pression malicieuse de la crise de larmes.

Frustré, l’enfant se dit : « Finalement c’est quand je serai adolescent que je pourrai vraiment m’éclater. Je pourrai aller et venir avec mes amis, je découvrirai enfin la liberté, j’aurai enfin ma vie rêvée ».

Plus tard l’enfant devient adolescent. Il veut croquer le monde et rêve de tout découvrir. Seulement, il réalise qu’il est contraint d’agir dans le cadre des règles éducatives de ses parents et ne peut s’amuser qu’en fonction des moyens financiers que ceux-ci veulent ou peuvent bien y consacrer.

C’est à cet instant que l’ado se dit : « Vivement la FAC, les 20 ans, le bel âge, l’émancipation, la totale liberté, j’aurai enfin ma vie rêvée ».

Rapidement l’adolescent devient jeune adulte. Mais à l’instant où il quitte la maison de ses parents, il se prend en pleine face le coût de la vie, les contraintes administratives, les jobs mal payés, et réalise que désormais ses propres choix détermineront sa réussite ou son échec.

C’est alors qu’il se dit : « Trop dur d’être étudiant. Au moins quand j’aurai mon premier boulot, bien payé, je pourrai loger dans un bel appartement, rouler dans une belle voiture, bref… avoir ma vie rêvée ».

Quelques années passent et le jeune adulte en a fini avec les études, il est mature, enfin prêt à se donner du bon temps. Mais zuuut ! C’est une galère sans nom de trouver son premier emploi et quand bien même il est trouvé, il est mal payé. Il va falloir travailler encore deux fois plus dur qu’à la FAC pour se faire son chemin.

Dégoûté, il se dit : « Ok, ok, il ne me reste que cette étape à franchir et après plus qu’une seule chose à faire, vivre ma vie rêvée ».

Voilà enfin l’adulte dans le moment qu’il attendait : la trentaine rugissante, un boulot bien payé, y a plus qu’à ! Mais c’est mal connaître le caractère joueur du destin. Désormais il doit composer avec les impôts à payer, le train de vie à assumer et finit même par se rendre compte qu’aussi bien payé qu’il est, il n’arrive pas à épargner pour assurer ses vieux jours.

Et c’est d’autant plus difficile que notre adulte est ou va bientôt être parent. Alors la pression monte, le niveau de stress est à son maximum. Cette fois c’est clair « Je vais me battre pour offrir le meilleur à mes enfants, puis quand ils seront grands et partiront à la FAC, j’aurai déjà assez mis de côté et cette fois, quoiqu’il arrive, je ne me consacrerai plus qu’à vivre ma vie rêvée ».

Sauf que cette dernière promesse qu’on se fait nous projette 20 ans plus loin. Et qui sait aujourd’hui où il sera dans 20 ans ?

 

La vie est longue mais le temps passe si vite

Au final, sans tomber dans le grossissement de trait tel que raconté ci-dessus, il faut bien admettre que nous passons trop de temps à imaginer que le meilleur est pour demain. Et une fois qu’on a franchi plein d’étapes dans la vie, on se retourne pour regretter ses années d’ado, ses années de vie d’étudiant, regretter soi-disant ses plus belles années.

Ce qui est certain c’est que, quelle que soit la vie qu’on a, les difficultés qu’on traverse, il y a toujours matière dans notre quotidien à trouver des sources de bonheur. Le défi devient alors d’oser se laisser aller pour profiter de chaque instant et vivre sa vie au présent, quelle qu’en soit l’humeur.

Il est coutume de dire que la vie est courte. Je suis pourtant convaincu du contraire. La vie est si longue, on peut la remplir de tellement de manières. Par contre le temps passe si vite. Si on ne prend pas le temps de vivre ses rêves, à peine on a cligné des yeux que c’est déjà la fin.

 

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