Le niveau de salaire est un élément fondamental dans l’appréciation d’un job. Et bien souvent il détermine le niveau d’intérêt que nous allons porter à une offre d’emploi.

Pourtant un récent sondage (parmi d’autres) réalisé par le CSA pour Actineo interpelle. Il conclue que les trois éléments les plus importants aux yeux des actifs dans leur situation professionnelle sont, dans l’ordre :

1.  L’intérêt du travail en question

2. La qualité de vie au bureau

3. Le niveau de salaire

Le niveau de rémunération ne serait donc que le 3ème critère le plus important dans son épanouissement au travail. Ce qui est intéressant à noter, c’est l’écart de hiérarchie entre les raisons qui nous poussent à postuler à un job… et celles qui nous poussent à le garder.

 

Le salaire, l’une des douze sources du bonheur au travail

Peter WARR* a listé douze critères clés qui concourent au bonheur au travail. Ils sont listés ici sans aucune hiérarchisation.

1/ Le niveau de contrôle personnel sur son travail

2/ L’opportunité d’utiliser ses compétences et d’en acquérir de nouvelles

3/ Les objectifs stables, cohérents et atteignables

4/ La variété (dans les tâches, les relations sociales, les lieux de travail…)

5/ La clarté (dans la fonction, les objectifs, les perspectives, l’évaluation du travail…)

6/ Les contacts interpersonnels (la quantité, la qualité, la part du travail en équipe…)

7/ Les contreparties financières (niveau de salaire, intéressement, primes…)

8/ La sécurité physique

9/ La valorisation sociale de la fonction (contribution à la société, prestige social à l’intérieur et à l’extérieur de l’organisation)

10/ Le soutien hiérarchique (considération, bienveillance, reconnaissance et traitement équitable par les supérieurs…)

11/ Les perspectives de carrière (sécurité de l’emploi, possibilités de promotion et de mutations…)

12/ Le sentiment de justice (dans les traitements au sein de l’entreprise, dans les relations avec le reste de la société…)

 

Chaque critère prend une importance plus ou moins forte en fonction de la personnalité de chacun. Ainsi, plus le salarié a une sensibilité marquée à un critère donné, plus celui-ci aura de l’importance dans sa satisfaction au travail.

Pour bien choisir son emploi, il faudrait donc au préalable identifier ses propres besoins. Puis trouver ce qui nous motive et nous anime et essayer d’estimer si l’emploi visé saura le satisfaire.

Par ailleurs avant d’embrasser un nouveau job, il est primordial de savoir ce que ce travail va représenter pour nous.

 

Dites-moi quel travail vous faîtes, je vous dirai quel salarié vous êtes.

La perception que nous avons du travail que nous faisons ou de celui que nous envisageons de faire détermine en partie notre prédisposition à y puiser du bonheur.

On peut considérer trois grands groupes de travailleurs selon la manière dont ils considèrent leur travail :

  • comme un « gagne-pain » : ils considèrent le travail comme un moyen d’obtenir de l’argent pour financer les autres aspects de leur vie ;
    .
  • comme une « carrière » : ils travaillent pour gravir les échelons et acquérir le statut et le pouvoir qui vont avec. Ils sont plus orientés « reconnaissance sociale » ;
    .
  • comme une « vocation » : ils sont intéressés par le contenu intrinsèque de leur travail  et tendent à le considérer comme inséparable du reste de leur vie comme de leur identité.

 

Au final, la satisfaction au travail se trouve être plus influencée par les facteurs intrinsèques et sociaux que par des facteurs extrinsèques comme le salaire.

Les études qui quantifient l’impact des différentes caractéristiques des emplois sur la satisfaction au travail confirment que le facteur le plus important est la qualité des relations sociales, suivie par le contenu du travail.

Les perspectives de promotion, les revenus, la sécurité de l’emploi et le temps de travail viennent après.

Avoir la rémunération la plus élevée possible n’est finalement pas si déterminant que ça.

Toutefois si tous les matins vous allez travailler avec l’idée que vous êtes sous-payé, exploité ou moins bien considéré que votre voisin de bureau, il y a de grandes chances que cela vienne entacher votre bonheur au travail et alimenter des émotions négatives.

C’est pourquoi, quel que soit votre travail, votre profil ou la considération que vous avez pour votre emploi, il faut s’assurer que la rémunération qu’on en tire soit « juste ».

 

* Professeur à l’institut de psychologie du travail de l’université de Sheffield en Angleterre