Les 5 facteurs clés qui déterminent la réussite d'une entreprise

Il se dit que créer son entreprise c’est la voie royale vers la richesse et l’accomplissement personnel pour certains. Je dois dire que c’est inexact.

Créer son entreprise c’est une formidable aventure qui d’abord vous élève quand elle vous remplit de la satisfaction d’avoir trouvé une idée lumineuse et de la force de franchir le pas. Créer.

Ensuite cette aventure vous plonge dans les tourments du démarrage, la grande essoreuse, quand elle vous demande toujours plus de résilience pour faire face à tous les imprévus que vous avez beau essayé d’anticiper. En vain.

Si vous et votre entreprise avez survécu à ça alors seulement, vous pourrez envisager le développement accéléré de votre projet… Avec la traversée ci et là de zones de turbulence qui auront fini de faire le tri entre les entrepreneurs à succès et les entrepreneurs qui devront rebondir plus fort de leur échec.

Par contre s’il y a dix mille raisons ‘légitimes’ pour lesquelles une entreprise peut échouer, il est toujours dommage d’abandonner face à une situation connue dans laquelle vous vous sentez démuni alors même que c’est le cours normal de l’entreprenariat.

 

Une bonne idée d’entreprise n’a jamais suffit à faire réussir un projet 

De trop nombreux entrepreneurs, convaincus d’avoir déniché l’idée du siècle, pensent qu’ils ont fait le plus dur, qu’ils ont déjà tiré le gros lot.

D’aucuns se reposent dessus pour créer leur entreprise en dilettante, persuadés qu’à chaque étape du parcours tout le monde leur déroulera le tapis rouge juste parce que leur idée est lumineuse. Dans 99% des cas, c’est l’échec au bout.

D’autres sont si fiers de leur idée qu’ils n’osent même pas en parler, de peur qu’on la leur pique. Ils se coupent des compétences susceptibles de les accompagner dans leur projet, tout comme des investisseurs disposés à donner un coup de main pour voir grandir le projet. Alors ils essaient de tout faire seul, dans leur coin. Là aussi dans 99% des cas, c’est l’échec au bout.

Échouer à cause de la trop grande confiance qu’on place dans son idée d’entreprise est d’autant plus dommage qu’une étude réalisée par Bill Gross* montre que 5 facteurs sont déterminants dans la réussite d’une entreprise. Parmi ces 5 facteurs 3 sont encore plus déterminants que les autres. Et l’idée n’est que le 3ème facteur clé !

Facteurs clés entreprise réussite

 

1. Le timing avant tout pour réussir sa création d’entreprise

Dans 42% des cas, le timing joue un rôle prépondérant dans la réussite ou l’échec d’une entreprise. De nombreux exemples existent d’entreprises qui ont échoué parce qu’elles se sont lancées trop tôt ou trop tard, alors même qu’elles étaient portées par un excellent concept.

C’est le cas par exemple de l’entreprise Z.com, qui à la fin des années 90 proposait le premier moteur de recherche pour vidéos en ligne. Seulement à cette époque la vitesse de connexion internet était misérable et il s’avérait bien trop compliqué pour les utilisateurs de lancer une vidéo. Quelques années plus tard le haut débit est arrivé et Youtube aussi, qui reprenait le même concept. Z.com a fermé alors que YouTube est un succès retentissant. Juste à cause du timing.

De la même façon, AirBnB par exemple a joui d’un timing parfait pour son lancement. Vers 2008, le monde traverse une crise économique profonde. La classe moyenne est à l’affût d’opportunités pour générer des compléments de revenus. AirBnB se lance aux Etats-Unis en proposant aux particuliers de mettre en location leur résidence principale quand elle est inhabitée, le temps d’un week-end ou autre. C’est le jackpot, tout le monde se rue sur l’opportunité.

 

2. L’exécution : avoir les bonnes compétences et rester agile

L’exécution est de mon point de vue l’aspect le plus complexe à maîtriser pour une jeune entreprise. Par exécution on entend :

  • La capacité à trouver les bonnes personnes qui vont travailler sur le projet.
  • La capacité à prendre les bonnes décisions stratégiques face aux multiples aléas de la phase de lancement.
  • La capacité à donner au public extérieur au projet, l’impression qu’il a déjà à faire à une entreprise structurée et professionnelle.

Quand on se lance, c’est particulièrement difficile de placer le curseur au bon endroit sur ces 3 points. Et pourtant il faut essayer de s’en rapprocher autant que possible, avec les contraintes liées à la jeunesse de l’entreprise.

En effet difficile de « recruter » les personnes de talent quand on n’a pas une rémunération attrayante à leur proposer. Quelques fois au lieu de recruter, on peut se retrouver à céder des parts de sa société à des profils qu’on estime stratégiques pour la réussite de son projet. C’est une solution pour démarrer la constitution d’une équipe sans déjà avoir à payer à tout va les cotisations salariales à l’URSSAF.

De la même façon, il est difficile de prendre toujours les bonnes décisions stratégiques. A fortiori pour une start-up (jeune entreprise). En réalité c’est impossible. Par contre ce qui déterminera la réussite ou l’échec c’est la capacité à réagir après une mauvaise décision.

 

3. L’idée ? Vaut mieux qu’elle soit bonne !

Si l’idée n’est que le 3ème  facteur de réussite d’une entreprise, ça n’enlève rien au fait qu’avoir une bonne idée, un bon concept de création d’entreprise est primordial.

On dit qu’on ne fait pas d’un âne un cheval de course. De la même manière on n’a jamais bâti une entreprise à succès sur un concept sans intérêt. Toutefois ne pensez pas qu’il faille obligatoirement avoir l’idée du siècle pour se lancer. Il y a des millions d’entreprises à succès dans le monde qui ont juste le mérite – et c’est déjà assez – d’apporter une solution efficace à des besoins clients.

 

4. Le business model est important, mais de moins en moins décisif

Toute entreprise (à but lucratif) a vocation à faire de l’argent, par définition. Toutefois l’évolution de la société permet aujourd’hui à des entreprises de se lancer, de grandir, de prendre de la valeur, alors même qu’elles ne gagnent pas encore le moindre sou. Voire qu’elles en perdent par millions.

C’est notamment le cas de nombreuses entreprises du numérique qui grandissent d’abord par le nombre d’utilisateurs de leur service. Passé un seul critique critique, elles commencent alors à travailler au meilleur moyen de rentabiliser leur audience.

Ce qui est vrai pour les entreprises du numérique peut l’être également pour toute entreprise d’autres secteurs. Dans tous les cas, ça suppose une autonomie financière importante au moment de se lancer (gros capital de départ, levée de fonds, emprunt, etc…).

 

5. La levée de fonds, ce mal pas si nécessaire

Beaucoup de jeunes entrepreneurs donnent une importance qu’elle ne mérite pas à la levée de fonds. C’est un peu dans l’air du temps, cette volonté de lever des fonds, d’avoir des apports externes en capitaux alors même que l’entreprise n’a pas encore prouvé sa viabilité ou  tout du moins son intérêt auprès de son public cible.

Cette dérive a conduit à créer un marché intermédiaire entre les start-ups et les investisseurs, celui des leveurs de fonds et autres qui gravitent au tour. Je tends à penser que c’est eux les principaux bénéficiaires, et nettement moins les entreprises qu’ils sont censés accompagner.

En effet une levée de fonds c’est beaucoup, beaucoup de temps à y consacrer par l’entrepreneur. Ce sont des dépenses imprévues pour faire une présentation sexy, pour faire une vidéo, pour aller rencontrer tel ou tel investisseur dans différentes villes… Ce sont des factures à payer à certains leveurs de fonds avant même la levée, ou alors 5 à 25% du montant levé à donner au leveur de fonds après l’opération.

Par ailleurs plus cette levée de fonds est précoce plus il y a des chances qu’elle soit contre-productive.

D’abord parce que si elle ne se fait pas l’entrepreneur peut se retrouver démotivé, voire peut se questionner sur le bien fondé de son entreprise, pensant que si les investisseurs n’en veulent pas alors les clients n’en voudront pas aussi. C’est une erreur.

Et puis même si elle se fait, la pression de rentabilité qu’elle implique peut bien souvent conduire une entreprise à l’échec, à cause des mauvaises décisions prises en pensant d’abord à la rentabilité et non à l’efficacité.

Les voies de la levée de fonds sont quelques fois impénétrables. Dans un autre post nous vous donneront les codes pour interpréter les signes.

Au final, pour une jeune entreprise, la meilleure levée de fonds c’est la conquête progressive des clients. Lever des fonds ne garantit en rien la réussite d’une entreprise. J’en veux pour preuve toutes ces entreprises qui ont échoué alors même qu’elles avaient levé des sommes folles.

Succès & Echec Entreprise
* Etude effectuée par IdeaLab (Bill Gross) sur plus de 200 start-up – Juin 2015 (Youtube)
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